Transport en commun - La CCN, Ottawa et Gatineau planchent sur un système harmonisé

Publié le 11 juin 2010 à 20h58 | Mis à jour le 13 juin 2010 à 20h59

photo Conceptualisation de ce que pourrait etre la station hurdmanUne conceptualisation de ce que pourrait être la station Hurdman, à Ottawa. Si des deux côtés de la rivière des Outaouais, on parle de grands projets de transport en commun, il reste à voir comment les deux municipalités - et la Commission de la capitale nationale - s'entendront. Un premier rapport est attendu d'ici l'automne.
COURTOISIE

François Pierre Dufault, Le Droit

Même s'il s'agit de deux projets bien distincts pour l'instant, le train léger d'Ottawa et le Rapibus de Gatineau vont devoir s'harmoniser un jour. Et le plus tôt possible, s'il n'en tient qu'aux maires des deux villes qui, sous l'égide de la Commission de la capitale nationale (CCN), planchent sur des moyens de « traverser la rivière » de façon rapide et efficace.

À première vue, le train léger et le Rapibus peuvent sembler incompatibles. La Ville d'Ottawa va faire circuler un train des stations Blair à Pré-Tunney via un tunnel au centre-ville. De son côté, la Ville de Gatineau est en train de se doter d'un réseau rapide d'autobus le long d'une ancienne voie ferrée, du lac Beauchamp aux terrasses de la Chaudière.

Comment ces deux réseaux vont-ils s'arrimer ? C'est la question à laquelle tente de répondre la CCN dans le cadre d'une étude conjointe avec Ottawa et Gatineau sur le transport en commun interprovincial. Les premières conclusions de cette étude sont attendues d'ici l'automne.

« Pour moi, c'est une occasion de faire tomber les barrières et d'imaginer le futur que nous voulons pour notre région » a déclaré Marie Lemay, la première dirigeante de la CCN, hier, en marge d'un sommet tripartite sur le développement durable de la région.

« Nous travaillons ensemble à l'heure actuelle, avec la CCN, pour trouver des moyens d'arrimer les deux systèmes. Nous entretenons un dialogue quasi-quotidien à ce sujet. Les urbanistes des deux côtés de la rivière et de la CCN investissent des milliers d'heures pour en arriver à une solution qui sera efficace et rentable à long terme », a confié au Droit le maire d'Ottawa, Larry O'Brien.

Travailler ensemble

À l'heure actuelle, les autobus de la Société de transport de l'Outaouais (STO) sont confinés à quelques rues du centre-ville d'Ottawa et un seul circuit d'OC Transpo dessert les édifices fédéraux au centre-ville de Gatineau. Avec la croissance démographique que devrait connaître la région d'Ottawa-Gatineau au cours de 20 à 50 prochaines années, les dirigeants des deux villes s'entendent pour dire que cet arrangement ne tiendra plus la route à long terme. « Nous avons besoin de travailler ensemble », de convier Marc Bureau, le maire de Gatineau.

Hors d'usage depuis des années mais apparemment toujours en bon état, le pont ferroviaire Prince-de-Galles serait dans la mire de la Ville d'Ottawa pour faire traverser son futur train léger sur la rive québécoise. La Ville de Gatineau, pour sa part, conservera les rails le long de son Rapibus et n'exclut pas de se convertir au train léger.

« Ce qui est intéressant avec le Rapibus, c'est qu'il s'agit d'un système très peu dispendieux que nous pourrions facilement transformer si nous décidons, un jour, d'aller vers un système de tramway ou de train léger », de noter M. Bureau.

Le président du comité de la Ville d'Ottawa sur le transport en commun, Alex Cullen, voit l'arrimage du train léger et du Rapibus comme un impératif à long terme. Il perçoit le dialogue entre la CCN et les deux villes comme un bon départ. « C'est important de se donner un système flexible de train et d'autobus qui va bien desservir le centre-ville des deux côtés de la rivière », a réitéré l'élu du quartier Baie et candidat à la mairie d'Ottawa.

La question du transport en commun interprovincial promet aussi d'être un enjeu chaud à l'approche des élections municipales à Ottawa. Le favori dans la course à la mairie, Jim Watson, dit souhaiter davantage de dialogue entre la CCN et les deux villes. S'il est élu, l'ancien maire promet d'en faire une priorité.

Alternatives - Options

A. Au lieu d'un pont - Plus de 60% des camions n'iraient pas vers un nouveau pont. Parmi les alternatives à considérer :
    1. Tunnel
    2. Transport en commun
B. Options de ponts - corridors modifiés
C. Problèmes / Solutions - Coalition Photos-textes

Les faits

• Les 3 corridors traversent 10 communautés. Un pont à l’île Kettle menace la santé et la sécurité du plus grand nombre de gens.

• En 2031 malgré un nouveau pont, plus de 2555 camions par jour seront sur King Edward à Ottawa - même nombre qu'aujourd'hui.

Autres faits

Les contradictions

Les camions sur King Edward déplacés vers la Montée Paiement

La Ville de Gatineau ne veut pas de camion lourds sur la Montée Paiement : elle demande à la ville d'Ottawa que l'avenue King Edward demeure un corridor pour véhicules lourds (décision unanime du 20.01.09). *

La Ville d’Ottawa interdira tous les camions non locaux sur l'avenue King Edward et la rue Rideau lorsqu’un corridor interprovincial sera construit. Cette décision (27.06.07) s’appuie sur une décision prise dans le même sens en 1999 par la Commission des affaires municipales de l’Ontario.

* Écoutez un extrait de la réunion du conseil municipale de Gatineau en cliquant sur la page suivante :

Autres contradictions